Mieux-être - Les vacances
Mots clés : Vacances, Québec (province)
Paris -- Ce serait bien si on pouvait prendre des vacances de soi-même. On se déposerait sur un cintre et on sortirait de soi, nu comme un ver. Il y aurait sur les plages de gros vers, de petits vers -- pas de raison d'être tous égaux! --, des vers secs, verts, des vers mous et gluants... D'accord, j'arrête. Mais on se reposerait de soi. Ça ferait du bien.
Je sais: même les littéraires qui ont essayé de se libérer d'eux-mêmes ont été rattrapés par la réalité. Mais prétendre être quelqu'un d'autre est parfois tentant. Quand je pense qu'il y a des gens qui n'ont même pas besoin de prendre des vacances pour ça!
Mais la vraie vie, les vraies vacances... Les piqûres de maringouin, la maladie du hamburger, les coups de soleil, les ampoules aux pieds, les rhumes si vous prenez l'avion, les kilos dans le maillot si vous ne faites pas attention. Allez, un petit effort, pas de vacances pour la santé (hé! hé!), faisons-nous un petit pense-bête.
Car si on prend des vacances pour se reposer et se régénérer, bref, pour se refaire une santé, les petits ennuis du corps viennent avec nous, sous une forme ou une autre. En France, l'Institut de veille sanitaire parle de 15 à 64 % de voyageurs malades, selon les destinations, à commencer par les accidents de la route, la première cause d'hospitalisation. Alors, ne soyons pas trop pressés de nous rendre sur les lieux de nos vacances et apportons tout de même notre trousse de premiers soins!
Si vous croyez que les vacances sont le moment idéal pour faire bouger ce corps trop immobile le reste de l'année, attention à l'intensité de votre enthousiasme. Les sensations fortes recherchées ne seront peut-être pas de la nature souhaitée. Soyons doux avec notre corps: on lui demande tout, toute l'année, lui aussi a besoin de vacances. On n'est pas forcé, parce que c'est les vacances, de manger mal et n'importe quoi ou de s'éreinter à remplir un carnet de commandes touristique!
Aux États-Unis, le Dr Whitaker, un vendeur, dit sur son site: apportez et prenez des probiotiques (très tendance, ça se vent en capsules; si vos vacances se déroulent autour d'une civilisation occidentale, les yogourts se vantent d'en ajouter). Les probiotiques aident notre flore intestinale à lutter contre les petites bêtes qui s'invitent lors de changements d'habitudes alimentaires ou quand une amibe ou une autre de ses amies se trouve dans l'eau des salades qu'on vous présente toutes propres. On achète de l'eau en bouteille, on est futé, mais on mange ce qui a été lavé sans se méfier! On oublie aussi trop souvent d'aller se laver les mains avant de manger, pas seulement après. Les toilettes des restaurants de la plage, il est vrai, ne sont pas toujours invitantes...
Si vous allez dans un endroit où vous risquez de vous faire manger par les moustiques, le Dr Whitaker recommande d'ajouter à votre régime 100 mg de vitamine B1 (la thiamine): des études ont montré que si les moustiques nous piquent -- ils devraient se retenir un peu plus --, nous nous gratterons moins avec la B1... Et il y a des maringouins jusqu'en Italie; on ne pense pas à ça quand on imagine Venise, n'est-ce pas?
Voyez-vous les coups de soleil comme un incontournable des vacances? Avez-vous pensé que dans les magasins d'articles de sport, on vend maintenant des vêtements anti-UV? Pour les enfants, surtout, la dépense se justifie. Si vous êtes désemparé devant le rayon des produits antisolaires à la pharmacie, allez voir la banque de données du Environmental Working Group, qui fait un travail formidable aux États-Unis: un produit sur huit n'offre pas la protection vantée, selon cet organisme (www.cosmeticsdatabase.com).
Je vous souhaite d'oublier votre téléphone cellulaire et votre travail pendant les vacances, de ne pas prendre vos courriels durant quelques semaines, de rattraper le sommeil dont vous vous êtes trop souvent privés... Le stress n'a pas besoin de faire partie de ce temps où le repos nerveux et mental est aussi souhaitable que tout le reste pour votre santé.
C'est avec cette chronique, chers amis, que vous prendrez des vacances de moi. Définitivement, en ce qui concerne le quotidien que vous tenez entre les mains. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve, pas vrai? Je remercie tous les lecteurs qui m'ont suivie, le dialogue qui s'est installé entre nous a été un soutien tout au long de ces cinq années, presque six! Si la vie le veut, je vous retrouverai ailleurs, autrement. Je construis présentement mon site (carolevallieres.com), nous pourrons y reprendre nos discussions.
Pour les vacances, je vous souhaite de la légèreté, de la drôlerie, un gros paquet d'insouciance et un brin d'irresponsabilité. Ça nous changera!
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vallieca@hotmail.com
Source de l'article : "Le Devoir.com".